Je disais l’autre jour que j’étais encore dans une phase d’apprentissage. Ce qui me semble le plus dur, c’est de comprendre ce qu’on me demande.
Dans cette perspective, le premier jet est toujours ce qu’il y a de plus évident. On peut s’amuser, en respectant ce qu’on a cru comprendre des instructions données. C’est le réajustement qui est difficile. Comment, lorsqu’on fonde une scène, un sketch, sur un élément, et qu’on vous dit “c’est bien mais ça ne peut pas se terminer comme ça parce que blabla bla…” ou “finalement ça ne va plus”, retomber sur ses pattes ? Ca a vraiment occasionné chez moi de grosses prises de tête sur Graine de Maire, et je me rends compte que, maintenant, lorsque je me trouve dans la même situation, je commence à avoir des réflexes. Enfin, ce n’est pas complètement automatique, mais une sorte d’instinct de ce-qui-ne-va-pas / comment-transformer-la-scène se développe. Je vais plus vite, j’arrive mieux à cerner l’esentiel. Il y a encore beaucoup de boulot, et c’est typiquement le genre de chose qu’on n’apprend pas dans les livres, qui ne se développent que par la pratique…
Aurélie, ou comment positiver en écrivant une V8…

2 commentaires
juillet 16, 2008 à 6:49
c’est quels genre de soucis en général qui provoque les réflexes? ya des constantes? éclaire-nous de tes lumières!
juillet 16, 2008 à 8:39
Par exemple, pour le texte sur lequel je bossais aujourd’hui, le prod m’a dit que la fin ne pouvait pas rester ainsi, parce que le thème qui y était abordé l’était également dans un autre épisode. Bref.
Il fallait donc que je change la fin. Mais la fin était préparée par tout ce qui se passait avant, forcément. Un producteur, ça croit qu’on peut juste changer la fin, comme ça…
Le “réflexe”, ça a été de cerner 1/ ce qui plaisait au producteur (en gros la deuxième partie de l’intrigue), 2/ de trouver assez rapidement comment il fallait changer le début pour amener une nouvelle fin (sans enlever ce que le producteur aime bien)…
Mais je n’ai pas de retour, rien ne dit que j’ai fait ce qu’il fallait.
Voilà en gros où en sont mes lumières, c’est-à-dire pas très loin.
C’est apprendre à jongler avec les idées et la structure en même temps, et aussi essayer de traduire en langage dramaturgique ce qu’on te dit en langage commun-pas-toujours-très-clair.
Il y a vraiment quelque chose de l’ordre de la traduction… Quand on commence à parler une langue ou à jouer d’un instrument, au début on réfléchit à ses mots, à ses notes, ça passe par le cerveau qui décode. Et au bout d’un moment, avec la pratique, ça va directement de l’oreille ou des yeux aux doigts, il n’y a plus besoin de réfléchir au truc…
Oula, il commence à être tard, je n’ai plus les idées très nettes…